Un technicien CVAC installe une thermopompe murale sur le mur extérieur d'un duplex montréalais en hiver.
Publié le 10 septembre 2026

Chaque hiver, la même question revient dans les cuisines du Grand Montréal : faut-il garder ses plinthes électriques, sauter sur le gaz naturel ou miser sur la bi-énergie ? Derrière ce match se cachent des milliers de dollars d’investissement, des factures qui pèsent lourd de décembre à mars et un contexte réglementaire qui change vite.

Réponse directe : il n’existe pas de « meilleur » système de chauffage universel à Montréal Le verdict dépend du profil du propriétaire, du coût global sur 10 à 20 ans, de la performance par grand froid et de la durabilité réglementaire du gaz. Pour une maison des années 1980 chauffée au baseboard vieillissant, le duel se joue surtout entre une thermopompe certifiée climat froid et la bi-énergie.

Cet article arbitre les trois systèmes sur quatre critères : le coût global, la performance à -25 °C, la résistance au durcissement réglementaire et l’accès aux subventions. Un fil rouge accompagne le match : une maison de plain-pied des années 1980, dans la Rive-Sud, avec baseboard vieillissant et factures d’Hydro-Québec qui grimpent. Un profil très répandu dans le Grand Montréal.

Chauffage électrique, au gaz ou bi-énergie : le verdict pour un Montréalais

Aucun des trois camps ne gagne sur tous les tableaux. L’électrique bénéficie de tarifs résidentiels compétitifs chez Hydro-Québec, mais le tout-plinthes expose à l’inconfort et aux pointes hivernales. Le gaz naturel reste confortable et souvent économique à l’usage, mais sa position réglementaire se durcit à Montréal. La bi-énergie combine les deux mondes, au prix d’une double infrastructure.

Le critère le plus structurant est réglementaire. La Ville de Montréal interdit les nouveaux appareils de chauffage à combustion — gaz naturel, mazout, propane — depuis le 1er octobre 2024 pour les petits bâtiments et le 1er avril 2025 pour les autres, selon le règlement montréalais sur le chauffage. Point essentiel : les bâtiments existants ne sont pas visés par cette réglementation. Remplacer une fournaise au gaz chez soi reste donc légal, mais miser sur le gaz engage dans un contexte qui restreint progressivement cette technologie.

Face à la diversité des équipements et des installateurs, mieux vaut s’appuyer sur une expertise qui connaît réellement les réalités du Grand Montréal. Comparer les solutions selon les contraintes du bâtiment, les besoins en confort et les spécificités du climat permet de faire un choix plus éclairé, en prenant du recul par rapport au discours commercial. Pour approfondir ces critères et confronter les différentes options, consultez ce site spécialisé en CVAC.

Le chauffage électrique : simple et économique, mais à quelles conditions ?

Le tout électrique se décline en trois configurations : le baseboard (plinthes électriques), la fournaise centrale électrique et la thermopompe. Les plinthes coûtent peu à installer et ne demandent presque aucun entretien, mais chauffent pièce par pièce, souvent de façon inégale — d’où ces chambres froides typiques des maisons des années 1980. Une fournaise centrale distribue mieux la chaleur par des conduits, mais suppose d’investir dans le réseau de distribution si la maison n’en possède pas.

Reste la thermopompe, championne du rendement : elle transfère la chaleur de l’extérieur vers l’intérieur au lieu de la produire, ce qui consomme nettement moins d’électricité par degré de confort livré. Les tarifs résidentiels d’Hydro-Québec renforcent cet avantage, l’électricité québécoise comptant parmi les plus compétitives en Amérique du Nord — un atout local que le gaz et le mazout ne peuvent égaler à consommation équivalente de confort.

Thermopompe et grand froid : la croyance à corriger : l’idée que les thermopompes « ne fonctionnent pas » par -25 °C est dépassée. Selon Ressources naturelles Canada, dans sa directive fédérale sur les thermopompes, les modèles à air récents conçus pour les climats froids peuvent fournir une chaleur confortable jusqu’à -30 °C lorsqu’ils sont correctement dimensionnés et installés. Nuance importante : sous la température de dimensionnement (norme CSA F280-12), un chauffage d’appoint reste nécessaire dans les régions les plus froides.

Les limites du tout électrique existent pourtant : des plinthes vieillissantes mal réparties font grimper la facture lors des pointes de janvier, et le confort thermique reste inférieur à celui d’un système central bien calibré. C’est précisément le dilemme d’une maison de la Rive-Sud chauffée aux plinthes depuis quatre décennies : remplacer les plinthes une à une coûte moins cher à l’instant, mais ne règle ni l’inconfort ni la performance.

L’analyse de la rédaction : sur le seul critère du coût de fonctionnement, la thermopompe certifiée climat froid sort du lot pour l’électrification d’une maison existante — à condition de vérifier son dimensionnement avant l’achat, car une unité sous-dimensionnée rallumera l’appoint électrique exactement ce que le projet cherche à éviter.

Le gaz naturel a-t-il encore un avenir à Montréal ?

Le gaz naturel conserve de réels atouts : chaleur rapide et intense d’une fournaise centrale, coût d’exploitation souvent inférieur au tout-plinthes électriques, confort homogène apprécié lors des vagues de froid. Convertir une maison au gaz via un convertisseur demeure aussi une option pour qui veut une fournaise centrale sans refaire tout le réseau électrique.

Le problème n’est pas technique, il est réglementaire et stratégique. L’interdiction montréalaise des appareils à combustion dans les nouveaux bâtiments et lors des constructions signale une direction claire : la Ville resserre progressivement la vis sur le gaz dans le parc bâti. Un propriétaire qui installe aujourd’hui un équipement au gaz axe son investissement sur une technologie dont l’espace réglementaire se réduit à Montréal, même si sa fournaise actuelle peut légalement continuer de fonctionner.

Vigilance avant d’investir dans le gaz : la réglementation actuelle ne touche pas les bâtiments existants, mais elle évolue. Avant d’acheter une fournaise ou un convertisseur au gaz, vérifiez la réglementation en vigueur sur montreal.ca et les conditions offertes par le distributeur, car la durée de rentabilité d’un tel équipement dépend largement des règles futures.

L’arbitrage honnête tient en une phrase : le gaz offre du confort immédiat à coût maîtrisé, mais avec une prime de risque réglementaire que les deux autres systèmes n’ont pas. Pour un propriétaire qui envisage de revendre dans 10 à 15 ans, cette prime pèse dans la balance.

Un technicien gaz vérifie une fournaise au gaz naturel dans le sous-sol d'une résidence.
Confortable et performante aujourd’hui, la fournaise au gaz voit pourtant son avenir réglementaire s’assombrir à Montréal.

Bi-énergie : pourquoi ce système séduit de plus en plus de propriétaires ?

Le principe du bi-énergie tient en une bascule automatique : l’électricité — souvent via une thermopompe — assure le chauffage la majeure partie de l’année, et un combustible d’appoint (gaz naturel, mazout, propane ou granules de bois) prend le relais par temps très froid. Le système combine ainsi le rendement de la thermopompe et la puissance d’une combustion au moment où celle-ci est la plus utile.

Ce mécanisme repose sur un tarif spécifique : avec la bi-énergie, le coût de l’électricité est inférieur au tarif résidentiel standard pendant la majeure partie de l’année. En revanche, lors des périodes de grand froid, lorsque la température descend sous certains seuils selon la région, le combustible d’appoint prend le relais pour assurer le chauffage. Une condition essentielle s’applique toutefois : l’installation doit respecter les critères d’admissibilité prévus pour bénéficier de ce dispositif. En contrepartie du tarif réduit, le système peut donc basculer vers le combustible d’appoint pendant certaines périodes de pointe.

La nuance mérite d’être dite : Hydro-Québec précise que, selon les habitudes de consommation, le tarif DT peut s’avérer plus cher que le tarif D. La bi-énergie n’est donc pas une solution automatiquement gagnante — elle exige un usage compatible avec la logique du tarif et une installation conforme.

Cas pratique

Imaginons le cas d’une maison des années 1980 à Longueuil chauffée uniquement aux plinthes électriques. Passer à la bi-énergie suppose d’installer une thermopompe centrale avec conduits, une fournaise à combustion en appoint et de souscrire au tarif DT : l’investissement initial dépasse largement un simple remplacement de plinthes, mais la maison gagne une chaleur répartie par pièces, une consommation d’électricité réduite grâce à la thermopompe et un appoint puissant lors des froids de janvier — l’arbitrage coûts/confort se joue alors sur 10 à 20 ans plutôt que sur la facture du premier hiver.

Coûts, subventions et installation : comment trancher concrètement ?

Sur les budgets, un principe s’impose : aucun chiffre unique ne vaut pour tous les projets. Le remplacement de plinthes représente le budget le plus accessible, une thermopompe murale ou centrale se situe sur un palier intermédiaire, et la bi-énergie — qui exige deux sources de chaleur et souvent un réseau de conduits — constitue l’investissement le plus lourd. Demandez systématiquement plusieurs devis détaillés, avec le dimensionnement justifié par le calcul de charge thermique de votre maison : c’est la meilleure défense contre les soumissions gonflées.

Côté aides financières, les programmes évoluent chaque année : Transition énergétique Québec, Hydro-Québec et les programmes fédéraux de Ressources naturelles Canada offrent régulièrement des soutiens au remplacement de systèmes de chauffage, en particulier pour l’électrification et les thermopompes. Les montants et critères d’admissibilité changent : vérifiez les programmes en vigueur sur quebec.ca, hydroquebec.com et le site fédéral avant de budgétiser.

-30°C

Température jusqu’à laquelle les thermopompes à air récentes conçues pour climat froid peuvent fournir une chaleur confortable, selon Ressources naturelles Canada — un repère qui change la donne pour le climat montréalais.

Quel système pour quel profil ?
  • Maison ancienne au baseboard, budget serré, propriété conservée à long terme :La thermopompe certifiée climat froid, seule ou en appoint des plinthes existantes : meilleure efficacité au tarif résidentiel d’Hydro-Québec, sans risque réglementaire.
  • Maison déjà équipée au gaz, confort central recherché, horizon de revente court :La thermopompe ou la bi-énergie plutôt qu’un nouvel équipement 100 % gaz, pour ne pas renforcer l’exposition au durcissement réglementaire montréalais.
  • Chaleur centrale voulue, volonté de réduire la facture d’électricité, projet bien planifié :La bi-énergie avec tarif DT : l’appoint combustible couvre les grands froids pendant que l’électricité bonifiée couvre le reste de l’année — à condition de valider l’admissibilité et le retour sur investissement avec un installateur certifié.
  • Construction neuve dans le Grand Montréal :Le gaz est hors course pour les appareils de chauffage : l’électrique et la thermopompe s’imposent d’elles-mêmes.

Un installateur certifié local joue ici un rôle décisif : il calcule la charge thermique réelle, vérifie l’admissibilité aux subventions et dimensionne l’appoint. Dans le Grand Montréal, les équipes comme Groupe Rousso accompagnent les propriétaires sur ce volet subventions et installation certifiée, ce qui sécurise autant le budget que la performance du système.

Un entrepreneur CVAC explique l'installation d'une thermopompe extérieure à un propriétaire dans une entrée enneigée.
Budget, subventions et performance par grand froid : le moment de trancher se joue souvent sur l’asphalte, devant l’unité extérieure.
 

FAQ : vos questions sur le choix du chauffage à Montréal

FAQ chauffage à Montréal
Une thermopompe fonctionne-t-elle vraiment par -25 °C ?

Oui, pour les modèles certifiés climat froid : selon Ressources naturelles Canada, les thermopompes à air récentes bien dimensionnées peuvent fournir une chaleur confortable jusqu’à -30 °C. Un chauffage d’appoint reste toutefois nécessaire sous la température de dimensionnement de la maison (norme CSA F280-12).

Le gaz naturel a-t-il encore un avenir dans les bâtiments montréalais ?

Pour les bâtiments existants, les appareils au gaz restent légaux, mais la Ville de Montréal interdit les nouveaux appareils de chauffage à combustion dans les bâtiments neufs depuis octobre 2024 (avril 2025 pour les autres). Investir dans le gaz revient donc à accepter un risque réglementaire croissant.

Le tarif bi-énergie d’Hydro-Québec est-il rentable ?

Le tarif DT offre un coût d’électricité réduit la majeure partie de l’année, le combustible d’appoint prenant le relais par temps très froid (sous -12 °C ou -15 °C selon la région). Hydro-Québec précise toutefois que le tarif DT peut s’avérer plus cher que le tarif D selon les habitudes de consommation : la rentabilité dépend de l’usage et de la conformité de l’installation.

Quelles subventions pour remplacer une fournaise ou des plinthes au Québec ?

Plusieurs programmes existent (Transition énergétique Québec, Hydro-Québec, programmes fédéraux), avec des montants et des critères qui évoluent régulièrement. Consultez les sites officiels avant tout engagement, et demandez à votre installateur certifié de vérifier votre admissibilité dans le cadre du devis.

Baseboard ou fournaise centrale : lequel coûte moins cher ?

Les plinthes coûtent moins cher à installer, mais chauffent de façon moins uniforme et peuvent alourdir la facture lors des pointes hivernales. Une fournaise centrale, surtout couplée à une thermopompe, offre un meilleur confort et une meilleure efficacité — au prix d’un investissement initial supérieur.

Tarifs et subventions : à vérifier avant de signer :

Les informations réglementaires et tarifaires citées dans cet article proviennent de sources officielles, mais elles évoluent. Vérifiez les tarifs d’Hydro-Québec, les règlements de la Ville de Montréal et les programmes d’aide en vigueur avant toute décision d’achat, et faites évaluer votre maison par un professionnel qualifié.

Le verdict du match tient donc moins dans un gagnant unique que dans une méthode : chiffrer le coût global sur 10 à 20 ans, exiger un dimensionnement justifié, vérifier les programmes d’aide et intégrer le risque réglementaire du gaz. Pour un propriétaire de maison des années 1980 chauffée aux plinthes, la thermopompe climat froid et la bi-énergie forment le duo de tête — et la prochaine étape consiste à obtenir deux ou trois devis détaillés pour transformer ce pronostic en décision.

Rédigé par Aurore Mercier, spécialiste des enjeux liés au confort résidentiel et à l’efficacité énergétique au Québec, s’intéresse aux choix techniques et économiques qui concernent les propriétaires. Ses articles rendent accessibles les informations essentielles pour mieux comprendre les solutions adaptées aux logements québécois.